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Discours d’ouverture du premier forum virtuel

EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
author01 Fichiers

Les questionnaires enseignants et étudiants

EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
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EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
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EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
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Retours sur les questionnaires exploratoires (Mexique enseignants)

EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
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Retours sur les questionnaires exploratoires (Mexique étudiants)

EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
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Retours sur les questionnaires exploratoires (Guinée)

EDucation, Recherches et ACtualités (EDRAC)
author01 Fichiers

FV Journée 1

Accueil et introduction
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FV journée 1

Synthèse et conclusion de la première journée du forum virtuel
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FV journée 2

Visions et Illusions du virtuel en période de confinements
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FV journée 2

Visions et Illusions du virtuel en période de confinements
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« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

Discours d’ouverture du premier forum virtuel

author01 Véronique Attias-Delattre, MCF Université Gustave Eiffel, IRG, France

Bienvenue à chacune et chacun pour ce premier forum virtuel et international du groupe EDRAC. En préambule, quelques mots sur la création de ce forum ainsi que sur notre groupe de recherche ad’hoc. Malgré et en raison des difficultés que nous vivons, la situation de crise nous a encouragé à travailler collectivement. Un groupe, international et francophone, de chercheurs en éducation, au sens large, réunissant actuellement des collègues de 8 pays et de 4 continents s’est mis en place mi-avril 2020, dans un but d’échange, de réflexion et de recherche en Education au sens large et transdisciplinaire. Ce groupe, ouvert aux enseignants et chercheurs intéressés, identifié par l’acronyme EDRAC (Education, Recherches et Actualités) a initié différentes actions et travaille à leur développement.

1/ Contexte de la naissance de ce collectif international de travail

Acculés dernièrement à l’utilisation de l’enseignement et de la formation à distance (E-FAD) à cause de la pandémie du COVID-19, les enseignants ont eu recours, partout dans le monde, à son utilisation pour rester en contact avec leurs étudiants et assurer une certaine continuité en cours d’année scolaire ou académique. Cette expérience d’enseignement et de formation à distance n’est pas nouvelle. Elle se décline et elle s‘analyse souvent dans de nombreux pays comme un moyen d’atteindre des populations éloignées pour diverses raisons (de guerre par exemple) et comme des formes communes d’enseignement. La communauté pédagogique se penche donc depuis longtemps sur les différentes problématiques posées par l’E-FAD. Les plateformes qui ont vu le jour ces dernières années ont même permis un début d’intégration dans le cadre des formations classiques. Qu’avons-nous aujourd’hui vécu de différent ?

Nos expériences personnelles et professionnelles se retrouvent emmêlées dans nos espaces et nos temps de travail, avec nos émotions, nos outils, nos savoirs, nos institutions, nos relations interpersonnelles et collectives. Dans ce contexte, les réactions des enseignants diffèrent entre elles et dépendent de beaucoup de facteurs. Le passage sans préparation suffisante à un nouvel outil d’enseignement, qui a porté sur les différents niveaux de formation, a soulevé dans la communauté pédagogique, comme dans la société, plusieurs questionnements tant sur la qualité qui va en découler, que sur l’équité sociétale, le sens et la valeur de l’évaluation qui sera faite, d’autres encore…. Ce sont donc tant les politiques publiques que nos activités quotidiennes qui sont traversées par l’urgence. Cette urgence « académique » se décline selon les zones géographiques dans des modalités aux caractéristiques à la fois très proches et très dissemblables.

2/ Nos objectifs : échanger en temps réel sur nos vécus pour construire les actions de demain en éducation

Échanger en temps réel tant que nous sommes dans ce mouvement d’urgence et d’immobilisme lié au confinement. Nous avons souhaité organiser ce forum rapidement afin d’échanger sur les paradoxes que nous vivons au moment où nous les vivons.

Nombre d’entre nous sommes enseignants-chercheurs et nous nous sommes retrouvés enseignants à l’Université.

Nombre d’entre nous faisons de la recherche-action : nous nous sommes retrouvés pris dans l’action du quotidien et des caprices technologiques.

Nombre d’entre nous sommes des responsables de d’unité, d’enseignement, de recherche, de projet et nous nous sommes retrouvés soient sur contrôlés par des représentant d’instances en crise soit en position d’attente : « on ne sait pas ».

Nombre d’entre nous ont vécu cette extension du domaine des représentations dans lequel les continuums furent et sont rompus : blanc ou noir, émotivité ou raisonnabilité ; support ou ennemi ; levée des tabous ou renforcement des stéréotypes ...

3/ Nos objectifs en termes opérationnels

I. Échanger en vue de les analyser sur deux difficultés manifestes actuellement dans l'enseignement : la distance (moyens d'enseignement, engagement, conditions de vie, artefacts, évaluation) et les crises majeures (contraction du temps, situation à risques inconnus, etc).

II. Participer à des enquêtes déjà engagées et à visée exploratoire, l’une visant les enseignants du primaire, du secondaire et/ou du supérieur et l’autre destinée aux élèves et étudiants. Ces enquêtes s'appuient sur des questionnaires élaborés et expérimentés en Grèce et au Mexique. Les premiers résultats seront présentés par Sylvie Didou demain en introduction de notre second jour de forum.

III. A partir de l’analyse des résultats de ces deux approches et des autres travaux menés actuellement, ouvrir sur un forum à destination des enseignants-chercheurs, des futurs enseignants, des enseignants, des responsables syndicaux et d'associations. Ce forum se déroulera en juin 2020, les 17 et 18/06 de 16h à 20h (cf. annexe 1 - Les quatre thèmes du forum).

IV. Organiser un séminaire de recherche en octobre 2020. Sur la crise et ses suites : Quelles transformations en éducation ? La levée des tabous

V. Diffuser (par sites ou publications) le résultat de ces travaux.

4/ Le déroulement du forum : 17 et 18 juin 2020 de 16h à 20 h (heure de Paris GMT+2)

Le forum se déroule sous la forme d’ateliers et de séances plénières. Les principes de fonctionnement en atelier sont les suivants : présentation du thème par l’un des membres du groupe EDRAC, présentation d’intervenants invités afin d’ouvrir les discussions, échanges entre les participants (chaque intervention est limitée à 3 mn). Les présentations ainsi que les discussions sont enregistrées. Les séances plénières en fin d’atelier visent à restituer une synthèse des échanges en atelier et ouvrir sur des pistes de recherche.

Les thèmes du forum sont pour aujourd’hui 17 juin 2020 en parallèle :

• Thème 1 : Les conditions de travail des élèves et des étudiants ; les modalités d’évaluations des enseignements

- Quels sont les critères ainsi que les conditions humaines et matérielles qui peuvent assurer la qualité et l’accès pour tous à l’EAD ?

- L’EAD est-il compatible avec des formations qui prennent l’Approche par Compétence (APC) comme méthodologie de référence ?

- Quel avenir pour l’évaluation des connaissances et/ou des compétences ?

• Thème 2 : L'utilisation de l'enseignement à distance par les non-spécialistes

• Cette crise va-t-elle nous contraindre à réformer en urgence les modalités de formation et d’évaluation des enseignants ?

• Comment les enseignants et les personnels administratifs sont-ils ou peuvent-ils être formés aux situations de crise ?

• La « continuité pédagogique » : est-ce un problème pédagogique ou technique ?

Et, les thèmes du forum sont pour demain 18 juin 2020 en parallèle :

• Thème 3 : Les modifications dans le travail et la condition professionnelle des enseignants

• Toute formation est-elle appelée à devenir « hybride » ?

• Un nouveau « statut » des enseignants (tous niveaux confondus) ? Leur place et leur poids dans les décisions ?

• L’unité du métier d’enseignant-chercheur va-t-elle exploser ?

• Thème 4 : Le déplacement des pouvoirs en matière pédagogique et le rôle ou l’absence de rôle des responsables administratifs et politiques.

• Le travail en commun à distance remet-il en question les rapports de pouvoir ?

• L’inquiétude face au déplacement des pouvoirs dans l’évaluation de la recherche est-elle « imaginaire » ?

• La défiance vis-à-vis de la légitimité des décisions institutionnelles est-elle signe d’une crise majeure des institutions ?

5/ Les « promesses » du forum

• Lien utile : https://cipen.univ-eiffel.fr/forumpedagogie sur lequel vous retrouverez les synthèses des ateliers, les résultats des études exploratoires et des sources utiles.

• Produire un document de restitution sur notre site et construire un séminaire de recherche à partir des connaissances en construction (décembre 2020).

• Publier les premiers résultats dans la revue scientifique francophone en éducation classée La Recherche En Education dont le prochain numéro sera publié en décembre 2020 (lien :

https://periodicos.ufam.edu.br/index.php/larecherche/about/editorialTeam)

Enfin, nous remercions tout particulièrement à l’Université Gustave Eiffel, Feriel Goulamhoussen et Ludivic Collin du CIPEN et l’Observatoire des pratiques pédagogiques pour leur soutien et leur accompagnement, Paul-Henri Alanis-Noyola qui a réalisé nos supports de communication pour sa patience et ses contributions ainsi que les intervenants pour leur confiance.

A titre personnel, je remercie les membres d’EDRAC pour leurs qualités personnelles et leur enthousiasme qui portent notre projet. Je vous remercie très sincèrement d’être là. Nous sommes quelques-unes et quelques-uns à avoir perdu un ou des êtres chers durant cette période et le travail demeure une source de force.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

Enseigner et apprendre en temps de pandémie : les questionnaires enseignants et étudiants

author01 Sylvie Didou Aupetit Cinvestav (Mexique) didou@cinvestav.mx Juillet 2020

Les membres du groupe EDRAC, lors de leurs premières réunions, ont affiché leur intérêt pour systématiser les discussions sur l´éducation et la pandémie mais aussi pour produire des connaissances sur la façon dont les enseignants et les étudiants ont été affectés par la pandémie et documenter ces répercussions par des analyses à chaud.

Ils ont décidé d´appliquer, là où les circonstances le permettant et avec des aménagements selon les pays et les sous-secteurs concernés, deux questionnaires élaborés par Georges Stamelos pour ses étudiants à l´Université de Patras-Grèce et par Antonio Alanis pour ses élèves enseignants au Mexique, l´un pré-codifié, l´autre composé d´une dizaine de questions semi-ouvertes.

Un ciblage sur des thèmes transversaux précis :

Pour les enseignants, les priorités ont été le vécu de l´enfermement et du COVID, le passage obligé et imprévu à des pratiques d´enseignement à distance mais aussi les réactions des professeurs face aux politiques de gestion et de sortie de crise menées par les établissements

Pour les étudiants, l´accent a été mis sur l´utilisation des technologies lors du basculement enseignement présentiel/virtuel et impact sur les rôles (passifs ou actifs) qu´ils assument dans le processus d´apprentissage.

Les moyens :

Eu égard au confinement, ces questionnaires ont été distribués en ligne en avril -mai. En France (Véronique Attias-Delattre ; Mathias Szpirglas), au Mexique (Antonio Alanis ; Sylvie Didou) et au Liban (Georges Nahas), ils ont été appliqués aux enseignants et aux étudiants. En Guinée (Djenabou Baldé) et en Grèce (Georges Stamelos), aux étudiants.

Les limites de ces outils concernent la condition sociale et le statut des répondants, la diversité des taux de retour, la taille variable des collectifs (d´une quinzaine d´étudiants à presque 12 000) et l´hétérogénéité de leurs situations scolaires. En outre, le questionnaire en ligne ne nous a donné accès qu´aux étudiants ayant maintenu un lien avec l´institution scolaire.

Objectifs atteints :

Malgré ces faits, nous considérons que, dans une perspective qualitative, ces questionnaires ont permis :

* une exploration des capacités de réponse à la crise, aux échelles des gouvernements, des établissements et des acteurs

*une réflexion sur le présent et le futur du métier d´enseignant et de la condition étudiante

*une connaissance de leurs appréciations sur l´EAD et sur la conjoncture

*une approche de leurs réactions par rapport aux moyens de gestion et de sortie de crise, mobilisés par les établissements

Résultats préliminaires (Grèce, Guinée, Mexique) :

Pour les enseignants :

Un balayage préliminaire des réponses dans ces trois pays a indiqué une convergence dans les axes de réflexion. Celles-ci ont porté sur les conditions de possibilité de la continuité pédagogique et la prise de conscience de certains aprioris. Les informateurs ont exprimé de fortes préoccupations pour les nouvelles vulnérabilités qui renforcent des inégalités préalables (avec des inquiétudes manifestes sur le sort des nouveaux exclus, victimes de la brèche digitale et sur la condition des femmes victimes de violences domestiques ou d´une culture patriarcale). Ils ont aussi signalé le besoin de bien différencier les situations nationales et locales.

Les enseignants ont mentionné certaines innovations pédagogiques, mais il reste à en expliciter la portée dans une période de transition placée sous le signe de l ´urgence et dominée par des mélanges d´injonctions fortes et de laisser-aller.

Pour les étudiants :

La plupart des étudiants qui ont renseigné le questionnaire appartiennent à la génération Z, habituée à l´usage des technologies et à la communication à distance, tout en ayant des compétences limitées en informatique.

A ce titre, dès avant la pandémie, ils étaient habitués à des usages, personnel et professionnel, d´Internet, de la télévision et du téléphone mobile. On constate néanmoins une application plus soutenue de ces technologies à l´e-learning et à l´apprentissage durant la crise. En revanche, il ne semble pas qu´il se soit produit une optimisation de compétences plus pointues en informatique.

En conclusion, il nous reste encore beaucoup de travail à faire ensemble. Celui-ci concerne en particulier :

• Le partage et l´interprétation de nos données,

• L´identification plus fine d´axes communs de réflexion,

• La communication académique des résultats et leur diffusion,

• La structuration d´un agenda de recherche autour de questions d´intérêt commun : par exemple, à la distance, étudier si le COVID a bouleversé le monde de l´enseignement ou s´il n´a fait qu´accélérer des tendances de changement préexistantes ?

• L´analyse de la dimension politique, à échelle nationale et des établissements, pour la mise en œuvre de mesures présentées comme souhaitables ou indispensables pour la régulation et la gouvernance

• L´importance de la dimension temporelle dans la formulation des expériences et la valorisation des enjeux, par exemple de l´impréparation initiale des enseignants à l´EAD aux conditions du confinement et du retour en classe.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

Questions de recherche

author01

1A - Les relations enseignant/élève-étudiant

1B – Actualisation des démarches pédagogiques

1.1 Quel rôle les processus cognitifs sont-ils appelés à jouer dans la planification de nos méthodologies universitaires ? Comment le clarifier et comment l’appliquer ?

1.2 Quel est le futur de la relation enseignant/étudiant et comment les nouvelles technologies peuvent aider à la renforcer dans un enjeu de formation aussi bien intellectuelle, professionnelle et personnelle ?

1.3 Quelle est la place de l’APC dans les formations universitaires et pré-universitaires ? Quels peuvent être ses possibilités d’intégration dans le cadre des formations générales et/ou professionnalisantes ?

1.4 Quel rôle jouera la pluridisciplinarité dans les formations de demain, le milieu du travail devenant à ce propos de plus en plus exigeant ?

1.5 Comment entrainer la communauté pédagogique dans un courant innovateur aussi bien dans ses approches que dans ses méthodes ?

2A - L’évaluation de l’apprentissage et de l’enseignement en ligne

2B - La continuité pédagogique en contexte

2.1 Repenser l’évaluation, sa nécessite et ses modalités particulièrement en période de crise.

2.2 Comment les enseignants et les personnels administratifs peuvent-ils être formés en cette période de crise?

2.3 Comment assurer la continuité pédagogique qui pose des problèmes sociaux, économiques et psychologiques ?

2.4 Comment assurer à la fois l’engagement de l’espace domestique de la cellule familiale, mobiliser des services informels et de multiples acteurs?

2.5 La continuité pédagogique nécessaire s’inscrit dans un moment de remise en cause des rapports entre acteurs et organisations tant dans la société civile que dans le politique. Quelles conséquences sociétales et en éducation ?

2.6 Quel est l’objectif de toute évaluation (malgré la riche littérature qui existe à ce sujet) ? Qui sont les évaluateurs ? Sont-ils préparés à ce rôle dans le cadre d’un processus cognitif exhaustif ?

3A – Une nouvelle optique pour la Gouvernance Universitaire

3B – Les nouveaux horizons de la profession d’enseignant-chercheur

3.1 La gouvernance universitaire a-t-elle une stratégie opérationnelle pour soutenir et accompagner les changements ?

3.2 En quoi le changement du métier par le numérique véhicule-t-il la nécessité d’un renouveau des méthodes d’enseignements ?

3.3 Comment les dimensions traditionnelles du métier d’enseignant se transforment-elles ? Durant la formation, la carrière et dans les pratiques quotidiennes.

3.4 La « charge mentale permanente » tend-elle à absorber l’espace privé par l’espace professionnel (publique) de l’enseignant ? (sous-réserve que cette typologie soit utile).

3.5 Les enseignants sont-ils préparés aux risques sociaux spécifiques de l’enseignement à distance ? Plus largement sont-ils préparés aux risques ?

3.6 Les institutions ont-elles en main leurs devoirs de soutenir ces changements ?

4A - Les notions de crise, de changement dans l’articulation enseignement et recherche

4B - Les dimensions de temps des pratiques et de formation des étudiants

4.1 Le besoin d´interroger des notions très présentes dans les discours actuels par exemple celles de crise et de changement et d´analyser leurs sens en tant que révélateur ou accélérateur de changements préalables ou annonce de bouleversements à venir.

4.2 La nécessité de mettre à plat les jeux et enjeux de pouvoir qui sous-tendent les discours et les politiques sur la condition étudiante, les responsabilités enseignantes et la recherche et sur leurs supports et visées.

4.3 En quoi l´urgence d´incorporer les dimensions du temps et de la comparaison dans les analyses de situation, permet de mieux réfléchir à la durabilité des tensions et des pratiques, dans des contextes de sortie de crise très distincts ?

4.4 L´importance de s´interroger sur la viabilité pour l´après de solutions appliquées pour résoudre dans l´urgence et en situation d´impréparation des conflits de conjoncture, aux échelles du local, du national et de l´international.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

« Les conditions de travail des élèves et des étudiants ; les modalités d’évaluation des enseignements »

author01 Georges Nahas, professeur Université Saint-Joseph à Beyrouth, Liban

La séance a été ouverte par une présentation du Pr. Alpha-Dia suivie par une présentation du Pr. Goasdoué. Ces présentations de qualité ont mis en perspective les pratiques tant à l’international que dans leurs évaluations.

Durant la première partie de la séance la présentation de l’expérience sénégalaise par le professeur Alpha-Dia sur l’EAD comme appliquée par l’Université Ouverte du Sénégal, a donné lieu à une comparaison très fertile avec la situation au Brésil. L’échange qui a suivi a permis d’éclairer plusieurs points portant sur la disponibilité des dispositifs mis en place, la réception dans les milieux des enseignants, l’impact sociétal, etc. Peu a été dit tout de même sur les problèmes rencontrés. Des questions ont été posées directement ou par écrit sur ces expériences et leur succès relatif, et particulièrement sur le lien avec la recherche et les problèmes posés par certaines formations appliquées comme l’Ingénierie ou la Médecine. Un échange de points de vue a eu lieu aussi bien oralement que par écrit et a permis l’émergence de certains problèmes d’avenir qui auraient besoin d’une plus grande réflexion dans le futur qui sont détaillés dans le document « Questions de recherche » :

1. Les relations internes et externes à l’université induites par l’EAD.

2. La centralité du souci pédagogique.

3. Les aspects politiques et sociologiques dans une logique de formation des personnes.

4. La logique d’hybridation des formations ou de mise en parallèle de systèmes.

Après la seconde présentation faite par le Pr. Goasdoué, et qui a été une ébauche de réponse sur les questions posées dans le cadre de ce thème, les échanges ont porté principalement sur l’Approche par Compétences (APC) et les problématiques de l’évaluation. Les interventions ont mis en exergue, après cette période de confinement et le recours à l’EAD comme outil de continuité pédagogique, que certains éléments essentiels de la pédagogie universitaire (ou même pré-universitaire) ont besoin d’être revisités. La professionnalisation, la sociologie du travail, les aspects sociétaux, sont autant de facteurs qui sont appelés à nous mener à des réflexions profondes portant sur des aspects pédagogiques auxquels nous ne prêtons plus l’attention qu’ils méritent. Les discussions ont alors donné lieu à une série de questionnements à prendre en considération pour le futur des recherches en Sciences de l’Éducation. Voici les éléments principaux :

Quel est le futur de la relation enseignant/étudiant ?

Quelle est la place de l’APC dans les formations universitaires et pré-universitaires ?

Comment entrainer la communauté pédagogique dans un courant innovateur aussi bien dans ses approches que dans ses méthodes ?

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

« L’utilisation de l’enseignement à distance par les non-spécialistes »

author01 Lise Bessette, professeure Université du Québec à Montréal, Canada

En introduction, Hélène Papadoudi, Maitre de conférences à l’Université de Lorraine a présenté une communication de qualité et centrée sur les projets éducatifs :

La formation technique et pédagogique est actuellement centrée sur la maîtrise des outils.

Cette formation n’est pas pour le moment une réponse satisfaisante pour assurer par la suite la qualité de la pratique sur le terrain.

Elle demande à quel projet, culturel, citoyen et éducatif peuvent adhérer les enseignants et quel est le projet des médias, du numérique et de leurs représentants dans le cadre de l’enseignement à distance.

Plusieurs participants sont intervenus pendant cet atelier. Certains ont rappelé les conditions très précaires dans les pays dits en développement : manque d’électricité, faible transmission de l’internet, appareils vétustes, etc. D’autres ont rappelé que les enseignants sont souvent bien seuls pour préparer des cours à distance, ainsi que le manque de multiples personnels (tuteurs, ingénieurs et autres collaborateurs de création, de design, etc.) dans les universités. Quand ces personnels existent leur collaboration est récente et insuffisante même dans les pays européens ou américains. Madame Papadoudi a partagé avec les participants ce constat : « il y a encore beaucoup à faire pour être en mesure de proposer des cours à distance qui seraient une œuvre collective, scientifiquement, esthétiquement, linguistiquement, techniquement attrayants et utilisables pour la formation des étudiants ».

Dans cet atelier, la question de l’évaluation de l’apprentissage et de l’enseignement en ligne a aussi été posée. Plusieurs intervenants s’interrogent sur l’évaluation et ses modalités particulièrement en période de crise. Certains questionnent sa nécessité. Comment les enseignants et les personnels administratifs peuvent-ils être formés en cette période de crise? Comment prendre en compte le contexte institutionnel et politique vécu actuellement? Comment assurer la continuité pédagogique qui pose des problèmes sociaux, économiques et psychologiques ? Les participants avancent qu’il faut à la fois, s’assurer l’engagement de l’espace domestique et de la cellule familiale ; il faut aussi mobiliser des services informels et de multiples acteurs considérant que la continuité pédagogique s’inscrit dans un moment de remise en cause des rapports entre acteurs et organisations tant dans la société civile que dans les institutions politiques.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

« Les modifications dans le travail et la condition professionnelle des enseignants »

author01 Georges Stamelos, professeur Université de Patras, Grèce

En introduction, Pr. Hervé Sabourin et Pr. Saeed Paivandi ont fait des présentations de qualité et focalisées sur le sujet.

Le professeur Hervé Sabourin (Directeur Bureau Moyen-Orient Agence Universitaire de la Francophonie) a mis au centre de sa réflexion le métier de l’enseignant et son renouveau. Il s’est interrogé autour de la résistance au changement et de la nécessaire évolution des pratiques. Par la suite, il a posé le problème de la continuité pédagogique et de la place des nouveaux outils qui sont (ou devraient être) proposés. Dans ce contexte, la question de la formation des enseignants est largement posée.

Le passage est brutal à l’éducation à distance et à la signification de son usage. Finalement, il a formulé quatre axes qui nécessiteraient une interrogation approfondie.

La gouvernance universitaire qui devrait avoir une stratégie bien développée pour soutenir et accompagner les changements.

Les problèmes sociaux, alors qu’une partie des étudiants risque d’être marginalisée.

Le changement du métier par le numérique qui véhicule la nécessité d’un renouveau aux méthodes d’enseignements et d’évolution

Les dispositifs techniques nécessaires.

Le professeur Saeed Paivandi (Directeur LISEC de Loraine) a insisté sur la diversification du métier qui influence ses trois dimensions traditionnelles : a) l’enseignement, b) la recherche, c) l’administration. L’enseignement s’étend à toute dimension de l’éducation toute au longue de la vie, donc à des populations bien différentes (formation initiale, formation continue, formation des adultes, master, thèse, TD, etc). La recherche n’est plus la pure activité de recherche mais aussi la quête de ressources économiques, donc, la chasse des appels à projets, le management des équipes, la production des textes, la gestion de projets, etc. Enfin, les tâches administratives se multiplient et rendent la participation obligatoire et diverses.

La diversification du métier a des répercussions sur les pratiques. Elle fait apparaître une mutation plus profonde qui concerne la nature ou la conception du métier dans sa dimension temporelle. Selon la période la diversité des pratiques change. Dans le contexte actuel, les changements qui sont intervenus l’étaient dans une urgence absolue : cette urgence a relevé le fort manque de formation des enseignants et elle a accentué voire généralisé dans l’univers académique l’individualisation pédagogique. Bien sûr, l’effet discipline semble jouer un rôle important dans ces processus.

Le malaise dans l’exercice du métier n’est pas récent ; il dure depuis 30 ans par la demande des changements multiples et parfois contradictoires. La « charge mentale permanente » tend à absorber l’espace privé par l’espace publique de l’enseignant.

Par la suite, un débat intéressant a été déroulé principalement sur la nécessité des changements pour des enseignants et les devoirs de l’institution à soutenir ces changements.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

« Le déplacement des pouvoirs en matière pédagogique et le rôle ou l’absence de rôle des responsables administratifs et politiques »

author01 Sylvie Didou Aupetit, professeure Cinvestav, Mexico, Mexique

Cinq collègues ont présenté des interventions très riches dans cet atelier.

Durant la première partie de la séance, Mmes Patricia Fata Rached, Doyenne de la Faculté d’éducation et Pr. Yvette Mrad Gharib ont analysé les résultats d´une enquête, menée au Liban, sur les vécus des enseignants, des étudiants et des parents en période de pandémie, couplée avec une crise économique et sociale, et leurs perceptions de l´enseignement à distance, dans le primaire-secondaire et le supérieur. Les angoisses déclenchées par une situation de rupture de la « normalité » éducative rendent plus aigu le malaise des professeurs et des élèves. Leur présentation a été suivie par celles du Pr. Jean Louis Baron (cadrage de la problématique de l´évaluation) et du Pr. Yves Lichtenberg (les rapports enseignement-recherche et les carrières professionnelles en situation de crise).

Les discussions faites par les participants au Forum de ces trois contributions ont été variées et les apports nombreux. Les questions soulevées ont porté sur les rôles attribués, en période de rupture ou de disruption, aux acteurs (enseignants et chercheurs) ainsi que sur les mobilisations de diverses associations (syndicales et étudiantes) afin de trouver des parades aux problèmes posés par le confinement et la fermeture des établissements. Elles ont débouché sur une analyse critique des fonctions d´enseignement et de recherche au sein des universités et sur les déplacements de la seconde par la première, durant la période où la continuité pédagogique avait rang de préconisation absolue. Durant le débat, les collègues ont abordé ces sujets en soulignant l´importance de situer ces réflexions générales dans des contextes nationaux/régionaux où l´appui et les soutiens prêtés par les autorités aux procédures et aux pratiques de travail liées à l´administration des crises éducatives étaient variables.

Après la présentation par M. Camille Roelens, Maître de conférences, d´une lecture de la situation de l´enseignement primaire en France renvoyant à une perspective de philosophie politique et à une différenciation des concepts d´autorité et de pouvoir, de leurs instruments (normes, réglementations) et de leurs valeurs (obéissance/résistances passives ou actives, injonctions et influences), les discussions se sont déplacées. Elles ont concerné la dimension politique plutôt que pédagogique et se sont recentrées sur les comportements des agents dans et envers les institutions (confiance ou plutôt défiance, par excès ou par manque de contrôle) et sur les relations de force intersectorielles. Des questions sur l´autonomie des acteurs enseignants et étudiants, les attributions des personnel administratifs/ de direction, les capacités à prendre de la distance ou à appliquer les propositions officielles de politique éducative ont été formulées à de nombreuses reprises, avec des éléments de réponse renvoyant à des cas spécifiques très divers (Guinée, France, Mexique, Canada, Brésil).

De manière ponctuelle, des interrogations ont été émises sur la pertinence des programmes d´études, sur l´importance de fournir des possibilités d´apprentissage aux étudiants, sur le financement de la recherche, sur l´hybridation des supports d´enseignements présentiels et à distance, leur devenir et leurs répercussions sur les métiers de la recherche et de l´enseignement.

Parmi les pistes de recherche ouvertes durant le débat, on peut signaler (cf. le document Questions de recherche) :

Le besoin d´interroger des notions très présentes dans les discours actuels par exemple celles de crise et de changement.

La nécessité de mettre à plat les jeux et les enjeux de pouvoir qui sous-tendent les discours et les politiques.

L´urgence d´incorporer les dimensions du temps.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

Premiers résultats du questionnaire sur les pratiques enseignantes face à la pandémie de Covid-19 au Mexique

author01 Sylvie Didou Aupetit (coord.) didou@cinvestav.mx Cinvestav Kenner Alberto Molina Auxiliaire de recherche Système National de Recherche

1. Le questionnaire

Système National de RechercheLe questionnaire a été ouvert en ligne entre le 27 avril et le 7 mai, sur le site du Conseil Mexicain de Recherche Educative (COMIE). Sa diffusion a été relayée par le Réseau Mexique des Chaires UNESCO du Ministère des Affaires Etrangères, par l´ Union des Universités d´Amérique Latine (UDUAL) et par le Centre de Recherche et d´Etudes Avancées (Cinvestav). Il a donc été appliqué en période de confinement et de fermeture des universités.

Nous avons reçu 301 réponses ; 286 d´entre elles ont été considérées recevables.

Le propos central a été de présenter un bilan à chaud afin de mettre à plat les effets de la consolidation imprévue de l´enseignement à distance (EAD) sur le métier enseignant, défini comme un métier relationnel d´une part et de l´autre, réfléchir sur les changements à l´œuvre dans les établissements, face à une situation inédite .

Les objectifs ont consisté à:

• Connaitre le vécu des enseignants et leurs préoccupations en matière d´exercice professionnel et de rôles/responsabilités

• Identifier leurs besoins par rapport à leur impréparation en enseignement à distance (EAD) et à une demande de cours virtuels en très rapide croissance. Au Mexique, les inscrits en EAD et enseignement en ligne représentaient 15% du total pour l´ensemble des effectifs (4430248 étudiants en 2019-2020 dans les presque 3800 établissements publics et privés du supérieur) et 25% pour le privé, avant la crise du COVID-19. Le basculement imprévu et soudain au « tout virtuel » concerne donc un public très nombreux.

• Savoir comment ils valorisaient les réponses de l´autorité éducative et de leurs établissements concernant la gestion de la crise et la redéfinition des rapports professionnels entre les diverses catégories composant le personnel universitaire et les étudiants.

2. Les caractéristiques des informateurs

• Age et adhésions aux pratiques novatrices

Dans une majorité des cas, les répondants au questionnaire enseignent en licence, en maitrise ou en doctorat même si un petit pourcentage occupe des fonctions administratives ou de direction. Leur âge varie considérablement (de 30 à 67 ans). Leurs trajectoires et leur ancienneté impliquent un capital d´expériences variable et des positions professionnelles à la notoriété diverse mais aussi des degrés hétérogènes d´intériorisation de l´ethos professionnel et une adhésion plus o moins enracinée aux pratiques conventionnelles d´enseignement.

• La variabilité des vécus du confinement

Les enseignants partagent des préoccupations pédagogiques, organisationnelles et relationnelles semblables, indépendamment de leur statut, de leur âge et de leur genre. Ils s´inquiètent de la façon dont le nouvel enseignement en ligne est perçu par leurs étudiants, de ce qu´ils apprennent et des répercussions de leur enfermement dans des espaces parfois peu propices aux apprentissages.

Toutefois, en tant que travailleurs, les enseignants vivent le confinement de manière distincte en fonction, principalement de leurs conditions de genre et de famille et de leur position au sein de l´établissement.

En ce qui concerne le premier poinf, les enseignantes dont les enfants sont scolarisés et logés au domicile familial semblent vivre de façon très tendue l´enfermement et l´impératif de l´EAD qui les affecte en tant qu´enseignantes et parents. Elles doivent en effet dispenser des cours à distance à leurs étudiants et réaliser des activités de gestion académique (examens des dossiers de candidature, notations) sur des plates formes au maniement parfois difficile tout en accompagnant leurs enfants dans leurs tâches scolaires, également à distance. Les empiètements entre temps privés et temps professionnel se multiplient et provoquent des sensations de saturation et d´épuisement.

• Statut professionnel et exposition à l´incertitude

Les répondants au questionnaire sont affiliés à des universités publiques et privées, des écoles normales supérieures et des établissements appartenant aux sous-systèmes de l´Université Pédagogique Nationale-UPN ou de l´enseignement supérieur technologique.

Tableau 1. Distribution des informateurs selon l´établissement d´affiliation, questionnaire EDRAC 2020

Type d´établissement Nombre d´informateurs par sous-secteur

Centres de recherche publics 6

Universités publiques fédérales 12

Universités publiques dans les régions 156

Autres établissements publics 17

Etablissements privés 31

Etablissements transnationaux /étrangers 22

Ecoles normales publiques 20

Université Pédagogique Nationale 13

Etablissements technologiques d´enseignement supérieur 6

Non précisé 3

Total 286

Source : Questionnaire EDRAC-COMIE, mai 2020.

21 répondants ont été engagés à mi-temps, 136 à plein temps, 81 en vacation, 25 sont chercheurs, 14 fonctionnaires et le reste occupe des postes en détachement. D´importantes différences de salaires, de responsabilités et de droits distinguent, au sein du corps enseignant, les titulaires des vacataires. Tous mentionnent, parmi leurs inquiétudes professionnelles, la perte de repères concernant la durée et le statut du temps de travail, la multiplication « excessive » des taches annexes qui, toutes, s´effectuent en ligne et les exigences liées à la production d´évidences qui remplace désormais l´évaluation du travail enseignant.

Les conditions dans lesquelles ils affrontent les répercussions du COVID-19 sur leur exercice professionnel et acquièrent, sur le tas et par obligation, de nouvelles compétences se différentient donc en fonction de leurs conditions de recrutement et des ressources auxquelles ils ont accès. Leurs opinions sur le futur professionnel immédiat sont liées à leur statut. Les enseignants en vacation craignent surtout de ne pas être réembauchés, lors de la prochaine rentrée, principalement ceux du privé dont les établissements traversent actuellement une crise financière forte et qui envisagent une réduction de leurs effectifs, pour défaut de paiement des droits de scolarité. En revanche, les titulaires s´ inquiètent plutôt d´avoir accès à des formations leur permettant d´acquérir les nouvelles compétences professionnelles requises par t´EAD leur faisant actuellement défaut.

4. La relation pédagogique

Avant même la crise produite par la baisse d´activités économiques, 49.3% de la population mexicaine était en situation de pauvreté ou d´extrême pauvreté et 36.3% supplémentaire en condition de vulnérabilité. Les étudiants provenant de ces groupes représentent donc des collectifs à risque, sujet à une forte probabilité de décrochage scolaire, en temps normal et plus encore lorsque la crise renforce les effets délétères de la pauvreté et de la vulnérabilité sur la réussite scolaire. En effet, la fermeture des établissements de proximité, qui sont souvent les seuls espaces qui proposent aux étudiants démunis un accès libre et gratuit aux ordinateurs, a supposé non seulement le retour d ´une partie des élèves dans des espaces en déshérence mais aussi l´ impossibilité d´accéder aux cours en ligne, surtout en temps réel.

Ces étudiants, souvent en condition de précarité et de détresse alimentaire, ont ainsi été plongés, de manière abrupte, dans une situation d´exclusion éducative accrue et, parfois, irréversible. Faute de moyens de communication, ils ont cessé de suivre les enseignements dispensés à leurs camarades moins défavorisés, accumulant des retards d´apprentissage.

La disponibilité d´ordinateurs et de téléphones mobiles a ainsi très vite été considérée par les enseignants comme un facteur conditionnant le succès de l´EAD, en tant qu´instrument garantissant des opportunités égales pour tous. S´ils considèrent en général que l´EAD est un outil adapté à la continuité pédagogique, ils regrettent, surtout dans les établissements à visées sociales, ses répercussions sur le nombre des laissés pour compte. Après la rentrée universitaire, ils recommandent de produire des statistiques sur les étudiants « disparus », leurs profils, leurs origines ethniques, leur domicile et les établissements fréquentés et sur les acquis réels des étudiants, durant la période de fermeture des établissements.

Leurs principales préoccupations versent sur l´adéquation des supports pour assurer la reprise d´une communication pédagogique interrompue et le besoin d´identifier comment les apprenants apprennent et ce qu´ils apprennent. L´EAD valorisée en tant qu´instrument utile pour maintenir une communication avec les étudiants, dans une période de bouleversement inattendu, a été critiquée en ce qu´elle érode les dimensions collectives du métier enseignant, qu´elle renforce les inégalités entre étudiants et qu´elle entraine des demandes de formation continue qui n´ont pas toujours été entendues.

5. Autres apports

Le questionnaire a également permis aux enseignants de formuler leurs inquiétudes à propos des thèmes suivants :

• Les recompositions de la sphère professionnelle :

En termes académiques, celles-ci concernent la provision d´un enseignement de qualité dans un contexte d´affaiblissement des interactions entre professeurs et étudiants et les réponses aux demandes d´appui de ces derniers. En termes d´obligations professionnelles, les enseignants souhaitent recevoir des directives plus cohérentes sur l´évaluation des acquis, le retour en classe, les possibilités d´accompagnement des élèves en situation de risque. La rupture de la communication interpersonnelle, le manque de liaison directe avec l´auditoire, le suivi défaillant des pédagogies à distance, l´absence de critères pour apprécier l´adaptabilité des élèves à l´EAD, les incertitudes sur les possibilités de couvrir la totalité des programmes représentent donc pour eux des motifs de préoccupation importants.

• La gestion de la crise par les établissements d´enseignement supérieur

En règle générale, les enseignants déplorent une gestion toxique du moment, structurée par une tendance à accroitre la surveillance des comportements et des résultats plutôt qu´à instaurer un environnement « compréhensif » de la conjoncture. Outre un défaut d´écoute de la part des autorités et des bureaucrates, qui existait avant la pandémie et s´est paradoxalement accru jusqu´à la surdité durant celle-ci, ils dénoncent les carcans bureaucratiques et normatifs qui limitent les capacités de « problem solving » : loin de s´alléger, ils se sont alourdis et ont aggravé les dysfonctionnements des mécanismes traditionnels d´administration et de reddition des comptes. Ils regrettent également que l´obligation, morale ou légale, de mesures compensatoires pour les populations défavorisées ne se soit pas traduite par des programmes et des actions précises en faveur en particulier de certains groupes vulnérables, de par leur condition de genre ou ethnique.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

L´usage des technologies par les étudiants au Mexique en période de COVID-19 : transformations ou routine ?

author01 Sylvie Didou Aupetit didou@cinvestav.mx María Cecilia Oviedo Mendiola Cinvestav Juillet 2020

1. Le questionnaire et ses répondants

Le questionnaire, qui reprenait le canevas élaboré par Georgios Stamelos de l´Université de Patras (Grèce), a été appliqué à des étudiants du supérieur, début juin 2020. Les données que nous présentons ici portent notre établissement d´affiliation et concernent 146 étudiants inscrits Centre de Recherche et d´Etudes Avancées de l´Institut Polytechnique National, au Mexique (Cinvestav, selon les sigles en espagnol), exclusivement en post licence.

Toutefois, le questionnaire a été renseigné par plus de 11 000 étudiants dans tout le pays, essentiellement d´ailleurs par ceux inscrits dans l´enseignement supérieur technologique et son dépouillement ultérieur permettra de comparer les comportements en fonction du type d´établissement concerné, des cycles de formation et des domaines disciplinaires d´inscription, entre autres éléments.

L´ application a donc eu lieu alors que le confinement, commencé le 23 mars, continuait à être en vigueur puisque, selon toute probabilité, les établissements d´enseignement supérieur ne rouvriraient leurs portes à Mexico et dans le pays qu´en septembre ou en octobre, s´il n´y a pas un rebond des cas durant les étapes d´un déconfinement progressif qui a, à peine, commencé en juin 2020.

18 des étudiants ayant renseigné le questionnaire réalisaient des stages de courte ou de moyenne durée de formation à la recherche et étaient inscrits dans d´autres établissements d´enseignement supérieur, au niveau licence. En revanche, 128 répondants étaient inscrits au Cinvestav dans les programmes de maitrise et de doctorat, principalement en sciences de l´éducation mais aussi dans d´autres disciplines (en ordre décroissant, études du génome, physique, études transdisciplinaire de la science, nano sciences et ingénierie des matériaux). Les effectifs dans leur ensemble et dans toutes les unités de recherche atteignent, en 2019-2020, 3124 étudiants.

A ce titre, les répondants se situent dans une fourchette d´âge plus élevée que celle des étudiants de licence, qui ont été visés par des enquêtes menées dans d´autres pays. Ce fait est important, surtout si l´on prend en compte que certains jeunes interrompent leur trajectoire de formation après la licence et la relancent après quelques années d´activité professionnelle. Cela explique probablement en partie la relative indépendance des étudiants du Cinvestav par rapport à l´institution universitaire et leur capacité à maîtriser rationnellement les utilisations des TIC, en fonction de leurs objectifs.

2. Le Cinvestav

Le Cinvestav est considéré comme un centre de recherche de premier plan au Mexique. Tous ses programmes tant de maitrise que de doctorat (il ne propose pas de licences) sont accrédités par le Conseil National de Science et de Technologie (CONACYT), dans ses diverses catégories de : réputation internationale (33), nationale (21), en voie de consolidation (7) et nouvellement ouverts (5). La sélection des étudiants est forte et sur le critère du mérite.

A ce titre, tous les étudiants du Cinvestav sont bénéficiaires de bourses et ont l´obligation de se consacrer exclusivement à leurs études, pour 4 ans en doctorat et 2 en maitrise. Les effectifs sont en petit nombre, dans chacun des programmes, lesquels se caractérisent tous par une orientation marquée à la recherche. L´attention est individualisée, tant au sein des laboratoires que dans les séminaires et les étudiants sont incorporés aux projets de leurs directeurs de thèse.

3. L´utilisation des TIC et la disponibilité des supports

En règle générale, les étudiants du Cinvestav ne dépendent pas des salles informatiques de l´établissement pour avoir accès à Internet et aux ordinateurs. Ils disposent d´un ordinateur et d´un téléphone portables à eux et parfois de tablettes qu´ils utilisent pour prendre des notes durant les classes présentielles et pour préparer leurs participations et exposés en classe. Leur niveau d´équipement technologique est bon et beaucoup plus élevé qu´il ne l´est dans d´autres établissements et cycles d´études.

Dans cette perspective, la fermeture des établissements et le confinement les ont certes amenés à modifier leur temps et leurs utilisations des TIC´s mais de façon modérée, en ce qui concerne les usages tant personnels qu´académiques. Pour une petite proportion d´entre eux, la situation a conduit cette minorité à en faire une utilisation plus soutenue et régulière, à partir d´une situation initiale d´utilisation nulle ou très faible.

Un aspect intéressant est celui de la sélection des supports technologiques en fonction des visées. La tendance dominante est à choisir le téléphone portable pour les affaires personnelles (participation aux réseaux sociaux et aux groupes amicaux ou aux réseaux d´intérêts partagés) et l´ordinateur pour les E-class et l´enseignement à distance, les activités académiques organisées par l´établissement et les stratégies individuelles d´actualisation permanente des connaissances disciplinaires. En revanche, les deux supports semblent être utilisés de façon relativement semblable pour l´activité de mise à jour et de recueil des informations produites par l´administration universitaire sur les calendriers scolaires et diverses procédures.

4. Le travail d´apprentissage/la préparation aux examens… en solitaire plutôt qu´en groupe

Avant la pandémie, l´utilisation des ressources fournies par l´établissement et principalement par les bibliothèques départementales était contrastée entre ceux qui y travaillaient souvent ou quotidiennement et ceux qui s´en servaient de manière occasionnelle. En revanche, on remarque que les étudiants font grand cas de recommandations de lecture émises par les professeurs et principalement des références électroniques, qui sont souvent mises à leur disposition par les services de consultation en ligne des bibliothèques qui, au Cinvestav, continuent à prêter ce service, durant l´époque de fermeture de l´établissement.

En période d´examen, avant la pandémie, les étudiants travaillaient à leur préparation, de façon assez autonome : la scansion de la trajectoire de formation dépend, surtout en doctorat de la présentation, de résultats du travail de recherche lié à l´élaboration de la thèse, privilégiant souvent le travail individuel au détriment du collectif.

En majorité, ils réalisaient leur temps de travail soit dans les installations universitaires ou chez eux, généralement seuls ou en petits groupes. Il semble donc qu´il leur ait été relativement facile de basculer au virtuel, surtout en fin d´année scolaire, principalement pour ceux qui étaient dans une étape finale de formation c´est à dire en train d´écrire leur mémoire ou leur thèse. Il est cependant probable que la fermeture d´autres espaces collectifs de travail, non inclus dans le questionnaire, comme les laboratoires ou les archives, aient eu des répercussions dans leurs plannings de recherche.

5. L´utilisation des outils informatiques dans le processus de formation : usage instrumental plutôt que créatif

Les étudiants du Cinvestav utilisent fréquemment les outils informatiques pour élaborer leurs travaux et le recours aux appuis que ceux-ci offrent semble dépendre en partie de la nature des produits à élaborer, selon les traditions et exigences disciplinaires. Leur usage semble avoir été peu affecté par la pandémie et dépend essentiellement de l´étape de formation et du programme d´études suivi par les étudiants. Par exemple, ceux inscrits en sciences humaines utilisent plus que leurs condisciples des sciences expérimentales ou des ingénieries les correcteurs automatiques d´orthographe. Toutefois, leur utilisation n´est jamais généralisée.

En revanche, les capacités de travailler sur les hardwares et softwares semblent très limitées sauf dans certaines disciplines et ne pas avoir été consolidées, en réponse au confinement.

6. Pistes de recherche à creuser

La discipline et le niveau d´études représentent deux éléments expliquant des différences de comportement dans l´usage des technologies virtuelles, avant et durant la pandémie. Deux autres facteurs importants pour comprendre ces changements sont d´une part les conditions d´études et les équipements personnels versus ceux fournis par les établissements, de l´autre le domaine de formation.

Il faudra donc établir des contrastes avec d´autres groupes ayant renseigné le questionnaire, par exemple les étudiants en filière technique (deux ans d´études supérieures) ou les étudiants de licence des universités publiques et des établissements technologiques d´enseignement supérieur pour mieux mesurer les effets « établissements/cycle d´études » dans les expériences. Il faudrait également étudier les contrastes par domaines de formation, en ce qui concerne tant les utilisations des technologies que les logiques d´apprentissage des étudiants.

Néanmoins, sur la base des données dont nous disposons, il semble que les degrés d´autonomie (financière et intellectuelle) expliquent pour une large part les degrés divers de résilience des étudiants face à la crise du COVID-19 et leurs capacités à programmer, dans une situation adverse, leur travail en fonction de leurs objectifs. La possibilité de maintenir des relations verticales/horizontales avec le groupe immédiat des pairs et les professeurs aide également à affaiblir le sentiment d´abandon et d´isolement, fréquemment mentionné par d´autres étudiants, mais pour le confirmer, il faudrait disposer d´autres instruments plus qualitatifs.

Finalement, il faudra également mieux connaitre qui sont les étudiants qui, dans un établissement d´élite, ont connu des difficultés scolaires lors de la pandémie, quels que soient les motifs de leur décrochage et savoir ce que tous ont réellement appris, au-delà des contenus et des programmes virtuels, durant cette période.

« Visions et Illusions du Virtuel en Période Confinements. Réalités de l'Education » 17 et 18 Juin 2020

Contexte de l’étude exploratoire en Guinée réalisée auprès d’étudiants de 2ème année École Doctorale de Sonfonia

author01 Djénabou Baldé, professeure ISSEG, Guinée

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du groupe EDRAC , notamment, la participation, en période de pandémie du coronavirus, à des enquêtes déjà engagées et à visée exploratoire, l’une visant les enseignants du primaire, du secondaire et/ou du supérieur et l’autre destinée aux élèves et étudiants, la Guinée a eu à prendre part au processus en se focalisant sur le supérieur. Ces enquêtes s'appuient sur des questionnaires élaborés et expérimentés en Grèce et au Mexique.

En Guinée, lors de l’administration des outils d’enquêtes, début mai 2020, aucune institution d’enseignement supérieur n’avait mis en place un dispositif permettant la continuité pédagogique à l’exception de l’École Doctorale de Sonfonia. C’est donc dans cette institution que l’enquête s’est déroulée avec les étudiants de 2ème année de l’école doctorale pour le cours de méthodologie de la recherche quantitative dispensé par un professeur via l’application Zoom. Sur une classe de 38 étudiants, nous avons observé un retour de 15 questionnaires et d’un retour au compte du professeur lui-même. Les autres professeurs de l’école doctorale n’ont pas voulu répondre au questionnaire parce que, pour eux, ils n’ont pas pu mettre en place un enseignement à distance à ce moment-là.

Deux questionnaires ont donc été administrés. Le premier en direction des enseignants avec 9 items et le second pour les étudiants avec19 items. Les deux questionnaires ont été regroupées en 4 axes : i) Usages personnelle et professionnelle de l’internet avant et pendant le confinement, ii) Actions éducatives et pédagogiques, iii) Compétences en informatique iv) Leçons à tirer de cette période d’état d’urgence sanitaire.

i) Usages personnelles et professionnelles de l’internet avant et pendant le confinement

L’étude nous a permis de constater que la connexion sur internet étant très chère, la plupart des connexions se font à partir du téléphone dont la consommation est de moindre coût par rapport à celui de l’ordinateur.

La connexion sur Facebook/Instagram/autre réseau social occupe la plupart du temps des étudiants avant l’état d’urgence sanitaire et s’est exacerbée pendant l’état d’urgence sanitaire. Ce facteur s’explique par le fait que la plupart du temps les participants restent à la maison et disposent de plus de temps libre. La connexion pour l’éducation à distance et le eclass de plus d’une heure par jour avant le confinement connaît une réduction d’un peu plus d’une demi-heure pendant le confinement. Mais en revanche l’éducation à distance connait une progression qui se justifie par la réponse fournie par l’enseignant qui a participé à l’enquête. Il soutient, en effet, que pendant cette période de confinement il aide ses étudiants à travers les réseaux sociaux, les vidéoconférences, ...

ii) Actions éducatives et pédagogiques

La continuité pédagogique dans un contexte de confinement nécessite l’utilisation de ressources en ligne et de plateformes et donc la disponibilité de connexion internet de qualité. visioconférence est l’un des moyens les plus efficaces pour une formation à distance de qualité. L’enseignant, apporte des « Conseil, échange par visioconférence, assistance pour achat de pass d’internet pour l’utilisation des canaux les plus accessibles et les moins chers ; Facebook, Messenger, whatsApp, SMS, appel téléphonique ».

Seulement, il faudra noter que l’aide apportée par les enseignants est faible si l’on fait le rapport entre la faible progression observée pour l’éducation à distance et le temps nécessaire dont ces étudiants ont besoin pour leur formation. Et mieux, il faut noter que les réponses fournies par les étudiants montrent à suffisance que les études n’ont pas une place de choix dans leurs préoccupations journalières. Cela s’explique par le fait qu’ils placent en première position, la communication avec les amis sur le web, qui récolte la moyenne la plus élevée de toutes les réponses fournies, suivie de la lecture des nouvelles pour s’informer. Ainsi, l’intérêt accordé à l’institution de formation ne vient qu’à la troisième place à travers l’information sur leur université de formation.

iii) Compétences en informatique

La moyenne d’étudiants ayant des compétences en informatiques est très faible. La seule compétence dont ils disposent est la mise à jour d’un antivirus qui, le plus souvent, ne demande qu’une confirmation pour une remise à jour automatique. Quant à la création d’un site, des graphiques, d’une base de données, de démonter et remonter un ordinateur afin de lui rajouter des capacités, installer des nouveaux logiciels, les compétences n’existent pas chez les étudiants qui ont participé à l’enquête. Ce qui est un handicap pour l’exécution des travaux lors de la rédaction de leur thèse ainsi que la mise en œuvre d’une formation en ligne. D’ailleurs pour la préparation à un examen, les prises de notes lors des cours continuent, pendant cette pandémie, à être la technique la plus usitée pour organiser leur travail.

Quant à l’utilisation de l’ordinateur et du téléphone, il ressort que les étudiants ont approximativement les mêmes nombres d’heures d’usage pour chaque outil. Ou du moins ils utilisent le téléphone pour se connecter et font un partage de connexion avec l’ordinateur.

iv) Leçons à tirer de cette période d’état d’urgence sanitaire

Quant aux leçons à tirer de cette pandémie concernant les pratiques d’enseignement, la pédagogie et la vie elle-même, l’enseignant conseille « L’adaptation à la situation de pandémie en utilisant les enseignements en ligne. L’adaptation de la manière d’enseigner tout en respectant la vie privée des uns et des autres ». Il faut, de toute façon, pour assurer la continuité pédagogique pendant cette pandémie développer des solutions alternatives aux cours présentiels.

Les solutions alternatives utilisées ne sont pas tout à fait satisfaisantes d’où les propositions faites par l’enseignant « la création d’un logiciel réservé au cours à distance avec coût faible » et « Le COVID-19 vient de montrer que les structures de l’éducation doivent adopter, développer, et s’adapter à l’enseignement en ligne. Quant aux pays en développement, tout un défi infrastructurel (fibre optique, électricité) reste à faire ».

En somme, trois dimensions à prendre en compte à l’issue de cette enquête :

- Le problème d’infrastructure : dans un pays, comme le nôtre, en voie de développement où les infrastructures de base sont un luxe, il est difficile de mettre en place un enseignement à distance accessible à tous.

- Les conditions de travail à la fois des étudiants et des enseignants : comment suivre ou dispenser un enseignement à distance sans équipement/matériel ?

- Les compétences, cette fois également, à la fois des enseignants et des étudiants : peu d’enseignants sont capables de mettre en place des formations à distance et sont réticents à se mettre à l’EAD. Pour les étudiants, ils sont loin d’avoir une maîtrise de quoi que ce soit dans les conditions qui sont les leurs.

Enfin, malgré les quelques tentatives pour la continuité éducative mises en place suite à l’avènement de cette pandémie, il reste à souligner que les systèmes éducatifs dans leur ensemble ont été fortement ébranlés.

Accueil et introduction

FV Journée 1 : Visions et illusions du virtuel en périodes de confinement

Synthèse et conclusion de la première journée du Forum Virtuel

FV Journée 1 : Visions et illusions du virtuel en périodes de confinement

FV Journée 2 : Visions et illusions du virtuel en périodes de confinement

FV Journée 2 : Visions et illusions du virtuel en périodes de confinement

Forum virtuel

Programme thématique des ateliers de travail

Chaque atelier sera présenté par un membre de EDRAC.

Première journée de 16h à 18h

Thème 1 : Les conditions de travail des élèves et des étudiants ; les modalités d’évaluations des enseignements

  • Quels sont les critères ainsi que les conditions humaines et matérielles qui peuvent assurer la qualité et l’accès pour tous à l’EAD ?
  • L’EAD est-il compatible avec des formations qui prennent l’Approche par Compétence (APC) comme méthodologie de référence ?
  • Quel avenir pour l’évaluation des connaissances et/ou des compétences ?

17 juin 2020

Thème 2 : L'utilisation de l'enseignement à distance par les non-spécialistes

  • Cette crise va-t-elle nous contraindre à réformer en urgence les modalités de formation et d’évaluation des enseignants ?
  • Comment les enseignants et les personnels administratifs sont-ils ou peuvent-ils être formés aux situations de crise ?
  • La « continuité pédagogique » : est-ce un problème pédagogique ou technique ?

17 juin 2020

Forum virtuel

Deuxième journée de 16h à 20h

Thème 3 : Les modifications dans le travail et la condition professionnelle des enseignants

  • Toute formation est-elle appelée à devenir « hybride » ?
  • Un nouveau « statut » des enseignants (tous niveaux confondus) ? Leur place et leur poids dans les décisions ?
  • L’unité du métier d’enseignant-chercheur va-t-elle exploser ?

18 juin 2020

Thème 4 : Le déplacement des pouvoirs en matière pédagogique et le rôle ou l’absence de rôle des responsables administratifs et politiques

  • Le travail en commun à distance remet-il en question les rapports de pouvoir ?
  • L’inquiétude face au déplacement des pouvoirs dans l’évaluation de la recherche est-elle « imaginaire » ?
  • La défiance vis-à-vis de la légitimité des décisions institutionnelles est-elle signe d’une crise majeure des institutions ?

18 juin 2020

L'EDRAC

Education, Recherches et Actualités

Coordination scientifique du réseau EDRAC

V. Attias-Delattre – Université Gustave Eiffel, IRG, France – Secrétaire Générale de l’AFIRSE - (contact : attiasv@gmail.com)

M. Corrêa – UFAM – Ancienne vice-présidente de l’AFIRSE.

L. Bessette – UQAM - Vice-présidente de l’AFIRSE

G. Stamelos - Université de Patras

  • L. Marmoz – UVSQ - Président d’honneur de l’AFIRSE
  • M. Szpirglas - Université Gustave Eiffel, IRG
  • G. Valency - Université de Caen

D. Baldé - ISSEG

G. Nahas – Université Saint-Joseph

  • A. Alanis Huerta, CAMM Morelia
  • S. Didou Aupetit - CINVESTAV

C. Cavaco –Université de Lisbonne- Vice-présidente de l’AFIRSE

F. Azia – Université Pédagogique Nationale, Kinshasa - Vice-président de l’AFIRSE

Avril de l’ère confinée (2020)

Nos expériences d’enseignement à distance ne sont pas récentes. Elles se déclinent et elles s‘analysent souvent dans de nombreux pays comme un moyen d’atteindre des populations éloignées des formes communes d’enseignement. La communauté pédagogique se penche donc depuis longtemps sur les différentes problématiques posées par l’Enseignement à Distance (EAD). Les plateformes qui ont vu le jour ces dernières années ont même permis un début d’intégration dans le cadre des formations classiques.
Les réactions des enseignants diffèrent entre elles et dépendent de beaucoup de facteurs. Mais, acculés dernièrement à l’utilisation de l’EAD à cause de la pandémie du COVID-19, les enseignants ont eu recours, presque partout dans le monde, à son utilisation pour rester en contact avec leurs étudiants et assurer une certaine continuité en cours d’année scolaire ou académique. De ce fait nos expériences personnelles et professionnelles se sont retrouvées emmêlées dans nos espaces et nos temps de travail, avec nos émotions, nos outils, nos savoirs, nos institutions, nos relations interpersonnelles et collectives.
Le passage sans préparation suffisante à un nouvel outil d’enseignement, qui a porté sur les différents niveaux de formation, a soulevé dans la communauté pédagogique, comme dans la société, plusieurs questionnements portant particulièrement sur la qualité qui va en découler, sur l’équité sociétale, sur le sens et la valeur de l’évaluation qui sera faite, d’autres encore….
Ce sont tant les politiques publiques que nos activités quotidiennes qui sont traversées par l’urgence. Cette urgence « académique » se décline selon les zones géographiques dans des modalités aux caractéristiques à la fois très proches et très dissemblables.

Malgré et en raison de ses difficultés, cette situation nous encourage à travailler collectivement. Un groupe, international et francophone, de chercheurs en éducation, réunissant actuellement des membres de l’AFIRSE à d’autres collègues de 8 pays et de 4 continents s’est mis en place dans un but d’échange, de réflexion et de recherche. Ce groupe, ouvert aux enseignants et chercheurs intéressés, identifié par l’acronyme EDRAC (Education, Recherches et Actualités) a initié différentes actions et travaille à leur développement.
En particulier :
I. Échanger en vue de les analyser sur deux difficultés manifestes actuellement dans l'enseignement : la distance (moyens d'enseignement, engagement, conditions de vie, artefacts, évaluation) et les crises majeures (contraction du temps, situation à risques inconnus, etc) .
II. Participer à des enquêtes déjà engagées et à visée exploratoire, l’une visant les enseignants du primaire, du secondaire et/ou du supérieur et l’autre destinée aux élèves et étudiants. Ces enquêtes s'appuient sur des questionnaires élaborés et expérimentés en Grèce et au Mexique.
III. A partir de l’analyse des résultats de ces deux approches et des autres travaux menés actuellement, ouvrir sur un forum à destination des enseignantschercheurs, des futurs enseignants, des enseignants, des responsables syndicaux et d'associations. Ce forum se déroulera en juin 2020, les 03 et 04/06 de 16h à 20h.
IV. Organiser un séminaire de recherche en octobre 2020. Sur la crise et ses suites : Quelles transformations en éducation ? La levée des tabous
V. Diffuser (par sites ou publications) le résultat de ces travaux.

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